XIIe Dimanche ordinaire
21 juin 2026 – Année A
(Jr 20, 10-13 ; Rm 5, 12-15 ; Mt 10, 26-33)
Partages d’Évangile des missionnaires

Frères et sœurs, l’Évangile d’aujourd’hui nous place devant une parole simple et forte de Jésus : « N’ayez pas peur ».
Cette parole n’est pas un simple encouragement psychologique. Elle est une parole divine, une parole qui veut rejoindre nos peurs les plus profondes. Et pourtant, même si cette invitation revient comme un refrain dans toute la Bible, nous savons combien la peur habite souvent nos cœurs.
Et comme disait Benoit XVI (2008), la peur fait profondément partie de notre existence humaine : elle accompagne l’enfance avec ses inquiétudes simples, puis elle se transforme à l’âge adulte en peurs plus intérieures, plus existentielles. Et il faut reconnaitre que notre époque, marquée par un certain vide spirituel, n’a pas apaisé ces peurs ; elle les a même parfois amplifiées (Angelus du 22juin).
Oui, nous connaissons ces peurs : la peur de souffrir, la peur de perdre, la peur de déplaire, la peur de ne pas être à la hauteur, et surtout, peut-être, la peur de la Croix.

Pourtant, Jésus ne nous demande pas d’être des héros. Il ne nous demande pas d’etre forts selon les critères du monde. Il nous demande seulement de lui faire confiance : « Soyez donc sans crainte : Quiconque se déclarera pour moi devant les hommes, moi aussi je me déclarerai pour lui devant mon Père qui est aux cieux »
Mais nous le savons avec nos expériences, cette confiance n’est pas spontanée. Entre l’appel de Jésus (n’ayez pas peur) et notre réponse, il y a tout un cheminement intérieur. Nous voudrions croire sans trembler, avancer sans hésiter, aimer sans nous protéger, mais la peur revient, parfois subtile, parfois brutale.
C’est précisément là, que saint Louis Marie de Montfort peut éclairer et encourager notre cheminement chrétien à ne pas avoir peur aujourd’hui. Dans l’Amour de la Sagesse Éternelle, il écrit, le Christ crucifié révèle un Dieu qui ne fuit pas la misère humaine, mais qui entre dans notre souffrance pour nous sauver de l’intérieur. La Croix n’est donc pas seulement le lieu de la douleur ; elle devient le lieu où l’amour de Dieu se manifeste jusqu’au bout.

C’est pourquoi le chrétien n’avance pas uniquement avec ses propres forces. Il avance dans la confiance, même au milieu des combats, parce qu’il sait que le Christ a déjà traversé la peur.
Que saint Louis Marie de Montfort nous aide à contempler la Croix non avec peur, mais avec confiance, en découvrant qu’elle est le signe suprême de l’amour de Dieu. Et que Marie, qui est restée debout au pied de la Croix, nous aide à accueillir chaque jour cette parole du Seigneur.
« N’ayez pas peur ! Ouvrez, ouvrez toutes grandes les portes au Christ »
(Saint Jean Paul II, 22 Octobre 1978).
DESIRE Gerald, smm