16ème DIMANCHE TEMPS ORDINAIRE

19 juillet 2026 – Année A

Sg 12, 13.16-19 ; Rm 8, 26-27 ; Mt 13,24-43

Partages d’Évangile des missionnaires

Dans l’Évangile du jour « Jésus raconte que dans le champ où le bon blé a été semé, l’ivraie germe aussi, un terme qui résume toutes les herbes nuisibles qui infestent le sol » Les serviteurs vont alors voir le maître pour savoir d’où vient l’ivraie, et il répond : « Un ennemi a fait cela ! ». Ils voudraient l’arracher immédiatement ; en effet, l’agriculteur doit débarrasser le champ des mauvaises herbes les plus visibles afin de permettre aux bonnes plantes de mieux pousser.

Au lieu de cela, le propriétaire dit non, parce qu’il risquerait d’arracher les mauvaises herbes et le bon grain ensemble. Il faut attendre le moment de la récolte : ce n’est qu’alors qu’ils se sépareront et que l’ivraie sera brûlée.

Dans ce texte, nous apprenons qu’à côté de Dieu – le maître des champs  – qui sème toujours et uniquement de bonnes graines, il y a un adversaire, qui étend l’ivraie pour entraver la croissance du grain. Cet adversaire a un nom : il est le diable, « l’adversaire par excellence de Dieu » L’intention du diable est « d’entraver l’œuvre du salut, de faire en sorte que le Royaume de Dieu soit entravé par des travailleurs injustes, semeurs de scandale » nous disait le pape François dans l’Angelus du 19 juillet 2020.

Chers amis, la bonne graine et l’ivraie ne représentent pas le bien et le mal dans l’abstrait, mais nous, êtres humains, qui pouvons suivre Dieu ou le diable.

En parlant du bon grain et de l’ivraie, le Seigneur parle de l’homme créé bon et parfait au sein de qui l’ennemi est venu semer le péché. Voilà la chute d’Adam et Eve, terrible chute qui a donné l’entrée au péché dans le cœur de l’homme. Voilà le mélange des bons et des mauvais, le péché et la grâce qui cheminent parfois dans le même cœur. Que faire alors ?

Si l’intention des serviteurs est d’éliminer le mal d’un seul coup, c’est-à-dire les gens mauvais, le maître est plus sage, il voit plus loin : « ils doivent savoir attendre », « Le mal, bien sûr, doit être rejeté, mais les méchants sont des gens avec lesquels il faut faire preuve de patience », a recommandé le pape François, précisant qu’il ne s’agissait pas de « cette tolérance hypocrite qui cache des ambiguïtés, mais d’une justice tempérée par la miséricorde ».

Ainsi, l’action des disciples de Jésus doit aussi être orientée non pas pour supprimer les méchants, mais pour les sauver. Le Seigneur dit : « Laissez-les pousser ensemble jusqu’à la moisson". »

Et d’ailleurs, le cœur de l’homme est ainsi fait, mélange parfois de vice et de vertu, de lumières et des ténèbres, du bien et du mal, du bon grain et de l’ivraie. Et comme le disait le Saint curé d’Ars : « Dieu n’a pas voulu détruire ce mélange, et nous refaire une nature où il n’y aurait que du bon grain. Il veut que nous combattions, que nous travaillions à empêcher l’ivraie de tout envahir ! Le démon vient semer les tentations sur nos pas ; mais avec la grâce nous pouvons le vaincre, nous pouvons étouffer l’ivraie »

Dans notre monde marqué par l’intolérance et la violence, l’évangile de ce jour nous invite à admirer la patience de Dieu, qui laisse vivre le méchant car il veut lui laisser le temps de se convertir. Il laisse à tous cette possibilité. Ce n’est pas qu’il ne fait rien face au mal. Non. Il use de la patience envers tous. Il ne s’empresse pas de condamner. Il veut absolument que personne ne périsse mais que tous arrivent au repentir. Et il nous demande de faire preuve de la même patience envers les autres, nous qui ne leur laissons aucune chance.

Arrêtons-nous un moment pour regarder notre propre vie et posons ces petites questions : « En quoi puis-je dire que le Seigneur patiente avec moi ? sur quels points précis ? et Si le Seigneur patiente avec moi, cela signifie qu’il attend quelque chose de moi : eh bien, qu’attend-il ? où m’attend-il ? Et si je me rends compte que le Seigneur patiente avec moi, serais-je, moi aussi, invité à exercer une certaine patience ? »

Demandons au seigneur de nous apprendre à voir les autres comme Dieu les voit, avec un regard plein d’amour, d’humanité et de pitié ! Que le Seigneur illumine nos cœurs et nous bénisse tous amen.

P. Éric MANIRAKIZA, Smm