5ème Dimanche de Pâques

3 mai 2026 – Année A

Ac 6, 1-7 ; 1 P 2, 4-9 ; Jn 14, 1-12

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Seigneur, montre-nous le Père

Les paroles de Jésus que nous entendons en ce 5ème dimanche de Pâques, sont tirées des entretiens que Jésus eut avec ses apôtres le soir du Jeudi Saint. Il venait d’instituer l’Eucharistie, d’en faire les premiers prêtres de son église ; au cours des quelques heures qui le séparent de son arrestation au jardin des oliviers, il aura un dernier entretien au cours duquel il leur délivrera son testament spirituel.

Tout de suite, Jésus leur parle de son départ tout proche. « Dans la maison de mon Père, il y a beaucoup de places » (Jn 14, 2), Jésus s’y rend pour préparer une place entre autres à ses apôtres, puis il reviendra chercher ses apôtres pour les y conduire afin qu’ils soient tous réunis avec lui dans la maison du Père. Puis il conclut : « Pour aller où je m’en vais, vous savez le chemin. »

Les apôtres ne semblent pas avoir très bien compris les propos de Jésus et c’est Thomas, toujours prompt, qui intervient pour exprimer leur interrogation : « Seigneur, nous ne savons même pas où tu vas : comment saurions-nous le chemin ? » Et Jésus prononce alors la phrase centrale de tout ce discours, une phrase fort connue en laquelle il exprime le rôle que nous avons à lui attribuer dans notre vie personnelle : « Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie… »

Reconnaissons que c’est un langage assez mystérieux, comment un homme peut-il être une route à suivre, comment peut-il s’identifier à la Vérité, comment peut-il se faire la source de toute énergie vitale ? Tout le reste de l’entretien sera un commentaire de cette déclaration.

« Je suis le Chemin… » et il continue : « personne ne va au Père sans passer par Moi. » Dimanche dernier, n’a-t-il pas dit : « Je suis la Porte des brebis ». Jésus se présentait comme le guide, le passage indispensable pour accéder au Royaume.

« Je suis la Vérité » dit encore Jésus qui commente : « Si vous me connaissiez, vous connaîtriez aussi mon Père ». Il est la parfaite expression du Père, car, dit-il : « Je suis dans le Père et le Père est en moi ». Il suffit donc de le connaître, d’avoir observé et compris son attitude, d’avoir savouré la qualité de sa sagesse pour connaître celle du Père.

« Je suis la vie », dit enfin Jésus qui commente : « Dès maintenant vous le connaissez et vous le voyez ». Ce qui semble signifier que dans la mesure où nous accueillons le Christ, nous pouvons, grâce à lui, faire l’expérience de la présence du Père.

La venue de Jésus et plus encore son « départ » ont révélé aux apôtres et à tous les hommes une situation religieuse nouvelle. Étant à la fois Dieu et homme, Jésus est en conséquence non seulement celui qui prie, mais celui que l’on prie. Il est à l’origine et au terme de la prière. Il se définit, à travers les images de la « porte » et du « chemin » comme un trait d’union, le lien, le Médiateur.

Les apôtres l’avaient considéré jusqu’à sa mort comme l’un deux, qui priait avec eux, qui participait avec eux à la liturgie du Temple. Bien qu’étant leur Maître, il était à leur niveau. Cependant les déclarations de Jésus de plus en plus nettes orientaient déjà leur esprit vers une autre conception.

Jésus est l’unique chemin pour aller à Dieu. Mais vers un Dieu qui est son Père et qui, par notre incorporation à lui, se fait notre Père. L’aboutissement de cette médiation, et de nous assimiler à lui, par la foi et l’amour, au point que le Père ne peut plus nous dissocier de son Fils. Il le reconnaît et l’aime en nous. Il nous reconnaît et nous aime en lui. Voilà le point culminant de la révélation :
« Le Père lui-même nous aime. »

Jean-Marie Quétier (diacre)