15ème DIMANCHE TEMPS ORDINAIRE
12 juillet 2026 – ANNÉE – A
Is 55, 10-11 ; Rm 8, 18-23 ; Mt 13, 1-23
Partages d’Évangile des missionnaires

Nous méditons aujourd’hui « La parabole du semeur » ! Beaucoup de choses se passent dans ce magnifique texte : nous avons un Semeur (Dieu), une semence (la Parole de Dieu) et 4 Terrains différents (cœur humain) : le bord du chemin, le sol pierreux, le sol envahi par les mauvaises herbes et la bonne terre. Jésus lui-même donne une magnifique homélie ! Remarquons que deux actions importantes se succèdent avant l’enseignement de Jésus : Il est sorti de la maison (1) et il est parti s’asseoir au bord de la mer (2).
Dans ce contexte, Sortir de la maison veut dire qu’Il est sorti d’Israël, premier destinataire du message de l’alliance, peuple élu où il n’a pas été bien accueilli. Il le dira d’ailleurs dans Mt 13,57 : « Un prophète n’est méprisé que dans son pays et dans sa propre maison. » Il n’y a pas trouvé de fruit pour Dieu, et sa propre parole n’a pas été acceptée. Et d’ailleurs, Lui-même n’a pas été reçu ! Pour cela, il change de cap : Il décide de s’asseoir près de la mer. La mer représente toutes les nations dans leur état d’agitation et de confusion. C’est le moment pour ces nations de bénéficier désormais de l’évangile du royaume. Souvenez-vous que Jésus s’assied sur la montagne pour s’adresser aux seules foules juives et les préparer à entrer dans le royaume. Le lieu est important dans la Bible.

Jésus (le semeur) va semer la bonne semence, une semence de vie, qui pourra produira du fruit pour Dieu dans une nouvelle nature. La Parole de Dieu (cette bonne semence) est semée dans les cœurs de tous les hommes, elle possède en elle-même sa propre puissance de vie : elle est vivante, incorruptible, seule capable de régénérer une âme comme nous le voyons dans 1 Pierre 1. 23-25. La semence, ici, est de qualité divine, et la germination ne va pas dépendre de ce grain, mais du terrain dans lequel il est semé. Tout dépendra désormais de la volonté à laisser l’Esprit Saint nourrir dans une âme la disposition à écouter. D’ailleurs Saint Paul apôtre nous avertit sur ce sujet : « La sagesse humaine et l’esprit du monde s’opposent à la compréhension des “choses de Dieu‘’ ” » 1 Corinthiens 2. 11-16.
D’où la semence qui tombe le long du chemin, qui ne germe pas : un cœur endurci par la séduction du péché, rempli de convoitises qui ne donne aucune chance à la parole de prendre racine. Les oiseaux qui viennent et dévorent le grain ; ils sont l’image malfaisante du “méchant”, le diable, qui ravit la semence. Quels sont ces oiseaux qui, en toi, dévorent la graine de la vie éternelle ?
La semence tombée sur les endroits rocailleux : Le sol ici n’est pas dur (le cœur n’est pas fermé à Dieu et sa Parole), mais constitué d’un léger revêtement de terre sur un fond pierreux (c’est superficiel, c’est fragile). Le grain germe facilement, mais ne s’enracine pas. Lorsque la tige sort, elle est rapidement séchée et brûlée par le soleil. C’est quand la Parole n’est pas écoutée avec l’intérêt de transformation intérieure, quand elle n’appelle pas à des bonnes résolutions. Elle ne s’enracine pas, c’est la routine ; quelques épreuves suffisent pour étouffer cette semence divine en nous.
La semence tombée dans les épines : Ici le grain prend racine et la tige monte, mais reste sans fruit, parce qu’elle est étouffée par les épines. La Parole de Dieu semble avoir été reçue et produit un certain effet, mais “les choses qui sont dans le monde” 1 Jean 2. 15, 16 se lèvent dans le cœur à côté de la Parole, et prennent lentement le dessus.

La semence dans la bonne terre : un cœur sincère, affamé de Dieu, du Vrai, du Bien ; un cœur qui s’accroche et qui garde confiance au Semeur qui arrose, entretien la semence en lui.
Jésus nous invite à recevoir la parole de Dieu comme une semence jetée dans nos cœurs pour porter du fruit, les fruits du Royaume.
En effet, à quel degré laissons-nous la parole de Dieu influencer notre vie ? Nos cœurs sont-ils des terres fertiles pour laisser germer et grandir la parole de Dieu que nous recevons au quotidien ? Peut-on, pour nous chrétiens, fils et filles de Dieu, dire que nos paroles et nos actions sont des fruits de la parole de Dieu en œuvre dans nos vies ?
P. Éric MANIRAKIZA, Smm