Seconde tranche détaillée - Basilique Saint Louis-Marie Grignion de Montfort

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Seconde tranche détaillée

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3 - Travaux de la seconde tranche (Nef)
Dès avant 1930, le R. P. RICHARD, Supérieur Général des Montfortains, pose sérieusement la question de l'achèvement de la construction de l'édifice que l'on nomme déjà depuis longtemps « la Basilique du Père de Montfort ». Il charge le Père Aristide LOGEAIS, de la Compagnie de Marie, de son exécution. Mais ce n'est qu'en mai 1935 que celui-ci vient à Saint-Laurent pour se consacrer à cette œuvre.

Sa première tâche est, bien sûr, de trouver les fonds nécessaires, car les ressources déjà recueillies par le Père RAIMBAULT, curé de la paroisse, sont loin d'être suffisantes. Le P. LOGEAIS et quelques autres missionnaires montfortains vont entreprendre des quêtes en faisant des « sermons de charité » dans plus de 500 paroisses en Vendée, en Anjou (surtout le Choletais), dans le Poitou (surtout le Bressuirais), dans la région nantaise et un peu dans l'Aunis.  (Appel aux dons)
Les évêques de Nantes, Vannes, Quimper, Rennes, ainsi que les archevêques de Bourges et de Tours, feront également des quêtes fructueuses.
De même, des quêtes et des ventes d'insignes, d'objets de piété, de manuels de pèlerins, d'œuvres de Montfort ou sur Montfort (biographies, études de sa spiritualité) seront faites à Saint-Laurent lors des pèlerinages diocésains ou des pèlerinages d'étrangers (Belges, Hollandais, Canadiens... et même Australiens).
La Municipalité de Saint-Laurent accordera, avant les travaux, une subvention de 150 000 F et renouvellera sa participation à plusieurs reprises.
Et les paroissiens - entre autre par un « prêt d'honneur » de 400 000 F, remboursé en 1958 - ainsi que les Communautés montfortaines, continueront à se montrer particulièrement généreux.
 
Sa seconde tâche consiste, à chaque étape de l'avancée des travaux, à faire le lien entre l'évêché, la paroisse, les architectes, les entreprises. Il doit tenir compte aussi des souhaits particuliers de quelques « généreux donateurs », mais surtout des exigences du Supérieur Général des Montfortains, qui tient à contrôler la véracité historique des projets de vitraux concernant Montfort, et leur légende... (Ouvriers)
C'est le cabinet d'architectes nantais J. BOUGOÜIN, associé à M. LAURENTIN, de Cholet, qui est choisi pour revoir et interpréter le plan initial de FRABOULET. Au lieu des 6 travées prévues, 4 seulement seront réalisées : les 3 travées de la nef et la travée de l'entrée surmontée par la tribune. Soit une réduction de 20 m. de longueur. A plusieurs reprises, la façade sera redessinée dans le sens d'une plus grande simplification... et d'un moindre coût.
C'est Maurice LAURENTIN qui, jusqu'à sa mort brutale en 1959, surveillera de près les travaux et en rendra compte à son collègue nantais.
La pierre de granit est fournie de nouveau, comme cela avait été le cas pour la première partie de la construction, par la famille BUREAU, de Milvin. Huit mois avant que ne débute le chantier, les tailleurs se mettent à l'ouvrage. Les blocs taillés seront transportés jusqu'à l'église par une soixantaine de fermiers saint-laurentais ou des environs. Pour gravir la côte de Milvin, il faut un attelage doublé !
Un autre chantier de taille se trouve également du côté de Roger et Encrevier. (La carrière)
Quant à la pierre blanche destinée à l'intérieur de l'édifice, elle provient déjà taillée de divers lieux. Acheminée à la gare de Cholet, elle y est entreposée dans les hangars de l'entreprise BODIN-PAPIN qui a obtenu le chantier de la nef.
Nature des pierres blanches :
salamandre blanc, en provenance des carrières de Saint-Même (Charente) ;
tervoux blanc - Tercé (Vienne) pour colonnettes, piliers et rosace ;
chauvigny dur (de Chauvigny - Vienne) pour la base, le fût et le chapiteau des six colonnes.

Le 22 janvier 1938, on installe solennellement, sur le mur provisoire de séparation, au-dessus du portail central, « Notre-Dame du chantier ». (Mur et la Vierge)
 
En mars 1938, c'est la reprise effective des travaux par l'entreprise BODIN-PAPIN, sous le contrôle de l'architecte Maurice LAURENTIN.
On élève d'abord les arcades des murs latéraux de la nef. Puis il faut démolir les soubassements de la façade qui avaient été réalisés en 1895 selon les plans de FRABOULET et creuser plus en retrait les fondations de la nouvelle façade. Ce n'est qu'en novembre que la construction peut paraître s'élever de terre.

Pendant la guerre les travaux se poursuivent non sans difficulté à cause des restrictions d'approvisionnement des matériaux (sable, ciment, chaux) imposées par la Kommandantur de Paris. En voici les principales étapes :
En mars 1941, les arcades de la tribune sont posées, puis la ligne de pierre blanche, dite « du rosaire ».
En avril 1941, on commence à monter les tourelles de part et d'autre du grand portail.
C'est alors que les architectes envisagent un nouveau projet simplifié de façade. Ils modifient d'abord la rosace (œil central et entourage rayonnant et non plus entourage polylobé) ; et, plus tard, en mai juin 1943, l'emplacement de la statue de Montfort (incluse dans les colonnades surmontant la rosace, et non plus située au-dessus de ces colonnades). (Croquis)
En mai 1941, on commence à élever les murs latéraux du 2ème étage au-dessus de la tribune... du moins quand on peut se procurer la chaux ou le ciment. Quant au sable, des saint-laurentais vont le tirer bénévolement à certains endroits propices de la Sèvre.
En juin 1942, alors qu'arrivent 40 tronçons des colonnes de la nef, la Kommandantur interdit la continuation du chantier : les Allemands ont besoin d'ouvriers pour « le mur de l'Atlantique ».
Le 23 janvier 1943, les travaux peuvent reprendre. Trois semaines plus tard, arrivent d'Angers les 25 000 ardoises pour la couverture de la nef. Il faut les entreposer.
En avril 1943, on achève les cintres des verrières.
En juin 1943, on atteint la corniche, mais la pierre taillée manque, le P. LOGEAIS se met en quête de tailleurs de pierre non réquisitionnés...
Le rude hiver 1943-44 oblige de suspendre les travaux à cause du gel ; et, en février 1944, nouvel ordre de la Kommandantur d'arrêter les travaux.
En 1944-45, malgré le départ des Allemands, le travail tarde à repartir ; car partout en France, surtout dans les zones bombardées, on reconstruit : hommes et matériaux sont rares... et chers.
 
26 septembre 1946. Bénédiction par Mgr Antoine-Marie CAZAUX, en présence de Don Gabriel SORTAIS, abbé de Bellefontaine, de la statue de MONTFORT qui orne la façade, au-dessus de la rosace centrale. (Statue)
C'est l'architecte Maurice LAURENTIN qui en a fait le dessin : « Le dessin que j'ai fait vous indiquera l'attitude que l'on désire. Le Père de MONTFORT serre un crucifix sur sa poitrine (...). Il tient dans sa main gauche une petite statuette de la Vierge(... ). On désire que le chapelet soit visible.» (Lettre de LAURENTIN à MAILLARD du 9 octobre 1943).
Selon ces indications, le sculpteur MAILLARD en réalise une maquette au 1/3 de la grandeur prévue. Approbation unanime. Aidé du sculpteur choletais Fernand DUPRE, il réalise une seconde maquette grandeur nature (3,90 m.). Coût : 12 500 F (dont 2 050F pour DUPRE).  
Cette maquette est exposée plusieurs mois dans l'église où « elle est admirée », mais aussi « attire la charité ».
C'est Fernand DUPRE qui la sculpte en trois morceaux dans une pierre blanche (vergelet). Les 4 et 5 septembre 1946, les trois parties de la statue sont successivement hissées et parfaitement ajustées par Fernand DUPRE lui-même et son gendre DORBEAU. Coût : 20 000 F.
Les frais de la statue et de sa mise en place avaient été couverts, à la fin de janvier 1944, par une vente aux enchères des offrandes à la crèche du Noël précédent.
 
Au premier semestre 1947, « une équipe de sculpteurs de Cholet » se met à l'œuvre dans la nef. Il en est de même des peintres (R. BIDEAU, de Saint-Laurent). NB. Les sculptures continueront après la pose des verrières. (Sculpteurs)

20 juillet 1947. Cérémonie de canonisation de MONTFORT à Saint-Pierre de Rome par le Pape Pie XII : « Nous décrétons et définissons que doit être tenu pour saint (...) le Bienheureux Louis-Marie Grignion de Montfort, confesseur, et nous décidons que, chaque année, au jour de sa naissance au ciel, c'est-à-dire le 28 avril, on devra célébrer pieusement son culte dans l'Église universelle. »

Les 12, 13, 14 septembre suivant, Saint-Laurent honore solennellement le nouveau saint. Le dimanche, une foule de plus de 100 000 pèlerins parcourt en procession, pendant plus de deux heures, les rues de la cité somptueusement pavoisées. Puis, elle assiste, dans la grande prairie de la Parie, à la messe pontificale dédiée à MONTFORT. Celle-ci est célébrée sur un vaste podium par le Cardinal ROQUES, Archevêque de Rennes.
A la période de ces fêtes, la nef de l'église a reçu sa toiture, les portes sont mises ; mais les fenêtres restent encore à garnir. (Rue décorée)
 
Dès la fin 1947 et au cours de l'année 1948, le maître verrier R. DEGAS, de Montagne, assure la pose des 10 fenêtres de la nef et de la rosace de façade :
7 verrières en verre cathédrale blanc
La rosace en verre cathédrale blanc
et les trois vitraux réalisés par Charles MAUMEJEAN, maître verrier à Paris (qui avait travaillé avec LAURENTIN pour l'église du Sacré-Cœur à Cholet).
Dès la fin 1943, MAUMEJEAN avait étudié le graphisme et certaines maquettes de l'ensemble des vitraux de la nef mais il n'en réalisera que trois :
la scène de l'épopée vendéenne pendant la Révolution (vitrail posé à la fin de septembre 1947 et signé : MAUMEJEAN)
MONTFORT sur la route de Chartres (vitrail signé : MAUMEJEAN)
MONTFORT aux pieds de Clément XI (ces deux derniers vitraux posés en octobre 1948)
Ces vitraux ont été en grande partie financés par des dons privés ; le premier, par Olympe COIGNARD, du May-sur-Evre (300 000 F) ; le second, par la famille BARRE, du Bois-Chabot (120 000F) ; le troisième, par les membres de la famille du P. LOGEAIS.
Le principe de couleur dominante des cathédrales est, selon MAUMEJEAN, « d'exprimer une coloration bleu chartraine aux verrières situées dans le nord, et rouge de Bourges aux verrières situées dans le sud ». C'est ce principe qui est retenu pour la nef de Saint-Laurent-sur-Sèvre.

Pour Noël 1949, le mur provisoire séparant la nef du transept est abattu, « et Dieu sait avec quelle frénésie de la part de bien des volontaires ! »      
Et on achève le pavé en ciment.
L'église est prête pour la fête de l'adoration du 19 février 1950. Pour la première fois, la procession du Saint-Sacrement se déroule dans la nouvelle nef de l'église.
 
L'inauguration solennelle est faite par Mgr Antoine-Marie CAZAUX, le 23 avril 1950, jour de la grande manifestation en faveur de l'Enseignement libre, dans la grande prairie de Saint-Gabriel.
 
Situation financière de la construction (mars 1938 - février 1950) présentée par le P. LOGEAIS à Mgr  Antoine-Marie CAZAUX, évêque de Luçon :
 
Recettes :
Quêtes diocésaines, Dons divers, Troncs d’églises, Quêtes de pèlerinages, subventions - Saint-Laurent, Paroisse - Saint-Laurent, Vente objets de piété            

Emprunts divers

Prêt d’honneur - paroisse     

                                                                                                           TOTAL

  8 000 000



   2 685 000

      400 000

 11 085 000
Dépenses :
Construction
Couverture et charpente
Ferrures de portes et vitraux
Menuiserie (portes)
Vitraux avec pose
Peinture (voûte et filage)
Statue de Montfort (4 m)
Architectes
Achat d’objet de piété (environ)

                                                                              TOTAL

  8 550 000
     550 000
     300 000
     175 000
     180 000
      110 000
        40 000
      200 000
      850 000
10 955 000
Reste à payer une partie de la couverture, less arriérés d’objet de piété et de librairie.

N. B. : Le bilan financier du coût de la construction de la nef qui sera fait avant la consécration de l’église (1963) fera état d’une somme globale avoisinant   15 000 000 F.
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