Etudes préparatoires détaillées - Basilique Saint Louis-Marie Grignion de Montfort

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Etudes préparatoires détaillées

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1 - Études préparatoires et décision de construction
Lorsque, le 29 septembre 1869, le Pape Pie IX proclame par décret l'héroïcité des vertus de Montfort et lorsque, à Saint-Laurent, à la réception de ce précieux décret, celui-ci est affiché, au son des cloches, aux portes de l'église paroissiale et des Communautés du Saint-Esprit, de la Sagesse et de Saint-Gabriel, il n'y a plus de doute sur la prochaine béatification du Vénérable de Montfort.
 
Dès lors se pose la question de l'église où se trouve le tombeau du vénéré missionnaire ; église construite probablement dans la seconde moitié du XI° siècle (première mention connue au cartulaire de Marmoutier : environ 1080) :
 
« La vieille église si étroite, si sombre, si peu solide, et ne possédant qu'un petit nombre d'autels, serait loin de suffire aux pèlerinages et aux grandes manifestations religieuses que l'on peut prévoir pour l'avenir. Il faut donc une église nouvelle plus digne d'abriter les cendres vénérées de Montfort, et plus capable de recevoir les foules pieuses qui viendront prier au pied de son tombeau. » (R. P. Fonteneau. Vie populaire du Vénérable serviteur de Dieu Louis-Marie Grignion de Montfort. Nantes, 1885).
 
Dès 1879, lors d'une visite pastorale, l'évêque Mgr Catteau trouve « l'église trop petite pour l'importance de la population et disposée de manière qu'il est impossible d'offrir aux enfants des écoles des places convenables. Du lieu où ils sont entassés, ils ne peuvent ni voir l'autel, ni entendre le prédicateur. D'autre part, il règne dans le vaisseau une très grande humidité. Il serait donc important d'examiner s'il ne serait pas bon de songer à une complète reconstruction. Une simple restauration en rapport avec le style primitif du moment serait très dispendieuse et n'aurait point, à notre avis, de résultats pleinement satisfaisants. Toutefois, avant de prendre une détermination quelconque, il nous semble indispensable de consulter un architecte sérieux et habile ».
 
En 1881, à la demande du Conseil de Fabrique, inquiet des dégâts causés par un violent orage, Dominique et Ludovic Couronneau, entrepreneurs de travaux publics à Châtillon-sur-Sèvre, établissent un « procès-verbal de constatation de l'état de l'église ». Outre le constat des dégâts eux-mêmes, ils précisent :
 
   « L'église de Saint-Laurent-sur-Sèvre a été bâtie à différentes époques. La partie la plus ancienne qui se compose du chœur, du clocher et des chevets des deux bas-côtés ainsi que des bas-côtés eux-mêmes remonte à la fin du XI° siècle. La deuxième partie se composant de la façade a été reconstruite en 1835 [en réalité en 1836] et dans un style tout différent de la première partie. [Certains témoins parlent alors d'enlaidissement de l'édifice.] Les voûtes de la première partie sont en pierres brutes et ont une épaisseur très forte. Leur poussée a déterminé une perte d'équilibre des murs des bas-côtés... » Ils concluent : « Il serait urgent de faire un plan et devis et s'occuper de reconstruire l'église le plus tôt que les ressources de la Fabrique le permettront. »
 
Le choix du Conseil de Fabrique se porte sur l'architecte nantais Mathurin Fraboulet (qui avait déjà travaillé pour les Communautés saint-laurentaises et réalisé la chapelle du Grand Calvaire). Il est le successeur de Faucheur, l'un des deux architectes qui venait de réaliser la chapelle de la Sagesse à Saint-Laurent (première pierre en 1862, bénédiction en 1869, consacrée en 1888). (Plan ancienne église)

En avril 1883, l'architecte établit un premier « devis descriptif et estimatif de reconstruction de l'église », pour un montant de 441 872,92 F.

Le 14 septembre 1885, Fraboulet envoie pour examen :
- les plans d'une église de style roman. Clocher avec flèche à pans hexagonaux, (Projet)
- le devis descriptif et estimatif des travaux d'une première partie de l'église : crypte, chœur, avant-chœur transept, clocher (sans la flèche)... pour un total de 129 502,22 F.(qui exclut le prix de travaux dont se chargerait la population …)

Le 4 octobre 1885, le Conseil de Fabrique se réunit pour examiner les plans et devis proposés par Fraboulet. La Fabrique possède alors la somme de 90 328 F.
Par délibération - sans doute fortement incité par le curé François Rigaudeau - le Conseil affirme que « la construction de l'église est d'urgence reconnue comme nécessaire ». Mais il précise : « Il ne s'agit actuellement que de procéder à l'exécution de la 1ère partie, laquelle comprend la crypte, le chœur, l'avant-chœur, petite chapelle, le transept et le clocher jusqu'à la naissance de la pyramide. »
Le Conseil peut d'ailleurs compter sur un engagement écrit et signé de certains habitants de la commune de Saint-Laurent : « Nous soussignés, habitants de la commune de Saint-Laurent-sur-Sèvre, nous engageons solidairement à effectuer et à garantir tous les charrois de pierres, chaux, sables et autres matériaux nécessaires à la construction de la première partie de l'église paroissiale, évalués à la somme de 18 588,39F ».
Le dossier de demande de construction est alors transmis par l'évêque de Luçon au Ministère des Cultes.

Le 1er décembre 1886, par lettre adressée à l'évêque, le préfet rend compte du refus du Ministère des Cultes d'accorder l'autorisation de construire pour cause d'insuffisance de possibilité de financement. En conséquence, il conseille de restaurer l'ancien édifice, car celui-ci, « en particulier le clocher, présente un intérêt archéologique suffisant pour chercher à le conserver. »

Les 15 mars et 28 mai 1887, Fraboulet présente des plans simplifiés. Mgr les transmet de nouveau au Ministère des Cultes. Il redit son « espoir que le projet de construction de l'église, depuis longtemps à l'étude, ne tardera pas à aboutir, et que les nombreuses démarches faites depuis quelque temps arriveront à un résultat satisfaisant. »
 
Le 1er septembre 1887, une lettre de Fraboulet au Ministre des Cultes précise :
La 1ère partie coûtera                     152 344,00 F
La 2ème partie                                  71 059,00 F
Le beffroi et la flèche                          22 785,00 F
                                                        246 188,00 F.
3 novembre 1887. Nouveau refus du Ministère des Cultes. Cette fois-ci, le refus est motivé par le risque de fragilité de l'édifice qui serait la conséquence des simplifications faites.
Cependant, après intervention des députés de Vendée, fin novembre 1887 (en particulier Paul Bourgeois, de la Verrie) auprès du Ministre des Cultes, le préfet de Vendée autorise l'adjudication des travaux, le 12 janvier 1888.
Pour expliquer cette nouvelle décision, il écrit à l'évêque : « Mr le Ministre m'a fait connaître que si je pensais qu'il y ait urgence à reconstruire l'église dont il s'agit, il ne venait, en ce qui le concerne, aucun inconvénient à ce que la Fabrique fût autorisée, à ses risques et périls, à entreprendre cette reconstruction.
Prenant en considération la situation de la classe ouvrière à laquelle l'entreprise pourrait assurer des ressources pendant l'hiver, je suis disposé, Monsieur l'Évêque, à autoriser l'adjudication de la première partie des travaux prévus au devis de M. Fraboulet. ». Suivent certaines conditions portant sur des exigences de sécurité. (Nouveau projet)

22 janvier 1888, le Pape Léon XIII proclame solennellement Bienheureux le Vénérable Louis-Marie de Montfort, dans la grande salle de la loggia au-dessus du vestibule de Saint-Pierre de Rome, au milieu d'une assistance de trois mille personnes. Sa fête est fixée au 28 avril.

26 mars 1888. Procès-verbal d'adjudication des travaux : attribués à Jean-Baptiste Rabjeau d'Angers (ancien élève de Saint-Gabriel), qui a consenti le rabais le plus important.

Les 4, 5, 6 juin 1888, à Saint-Laurent, se déroulent les grandioses cérémonies de clôture de la béatification de Montfort. Ces manifestations ont pour centre, non pas l'église bien trop petite, mais le Calvaire. Un vaste pavillon en forme de croix, abritant l'autel, y a été élevé et somptueusement décoré. Une douzaine d'évêques sont présents dans la « Ville sainte de la Vendée » comme la désigne alors Mgr Freppel, évêque d'Angers.

16 septembre 1888 Par délibération, le Conseil de Fabrique demande à l'évêque de pouvoir commencer dès maintenant la crypte :
« La crypte finie, nous aurions déjà un sanctuaire suffisant pour réunir les fidèles et recevoir les pèlerins. » Autre argument avancé : « L'on pourrait alors suspendre les travaux si les ressources n'étaient pas suffisantes pour les continuer. Ainsi l'avenir ne serait jamais compromis ; on construirait au fur et à mesure des ressources. »
Cependant, il réaffirme : « Le sentiment qui se manifeste de toute part, c'est qu'il faut à Saint-Laurent une église monumentale, qu'il s'agit d'une œuvre non seulement paroissiale, mais diocésaine, mais régionale... »
 
Enfin le Conseil demande à l'évêque de « ratifier le choix (…) de l'emplacement de l'église. Il a plusieurs avantages : il permet de conserver comme une précieuse relique la chapelle du tombeau ; l'église est plus dégagée des maisons ou constructions voisines et sa façade cadre mieux avec la place. »
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