Relais Evangile - Basilique Saint Louis-Marie Grignion de Montfort

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Relais Evangile

Relais d’Évangile
4ème Dimanche de Pâques - 25 avril 2021
(Ac 4, 8-12 ; 1 Jn 3, 1-2 ; Jn 10, 11-18)

« Moi, je suis le bon pasteur, le vrai Berger »

Une fois n’est pas coutume, je me permets de commencer mon commentaire de la Parole de ce 4ème dimanche de Pâques par quelques questions : Pourquoi appelle-t-on dans l’Église catholique, les évêques et les prêtres ‘pasteurs’ ? N’est-ce pas démodé d’une part, et d’autre part erroné dans une civilisation urbaine ?

Autre question : L’expression elle-même du mot ‘pasteur’ ne donne-telle pas des chrétiens, une image de troupeau qui doit, même s’il bêle, suivre et être régulièrement tondu ? Malgré ses limites évidentes, l’utilisation de l’expression du mot ‘pasteur’ reste d’actualité dans l’Église.

Pourquoi ? Parce que le Christ l’a utilisée lui-même : « Je suis le bon berger, le bon berger se dessaisit de sa vie pour ses brebis » (Jn 10, 11).
Parce que Jésus l’a utilisée pour donner mission à ses apôtres et en particulier à Pierre : « Sois le berger de mes brebis » (Jn 21, 16)
Parce que le Christ n’a pas utilisé beaucoup d’autres concepts, d’autres images, d’autres symboles pour désigner la fonction qu’il destinait à ses apôtres. Bien plus, il semble avoir évité soigneusement les mots prêtre, sacerdoce, etc. qui auraient faire croire à ses auditeurs juifs une continuité avec le sacerdoce du Temple de Jérusalem.

Alors que les prêtres juifs offraient des sacrifices, signes de l’offrande de leur peuple à Dieu, Jésus s’offre lui-même. Son sacrifice, c’est de faire totalement et toujours la volonté de son Père. Chaque chrétien est invité à être prêtre à sa suite avec force, c’est-à-dire à faire ce choix fondamental analogue à celui qui oriente toute la vie de Jésus, « faire la volonté de Dieu ». Les fidèles laïcs vivent cet engagement au sein de leur famille, dans la vie professionnelle ou encore dans les associations sportives ou culturelles. Les pasteurs sont invités par leur ordination à le faire, à le vivre pour leur communauté. C’est là que prend valeur de programme la Parole du Christ : « Le berger donne sa vie pour ses brebis ».
Au-delà d’une fonction, l’image du pasteur signifie un don total de soi, 24 heures sur 24, durant toute une vie.

Au regard de l’Évangile de ce 4ème Dimanche de Pâques, l’Église l’a retenu comme la journée mondiale de prière pour les vocations. Le peuple de Dieu a toujours besoin de ‘Bergers’ pour le guider, pour lui éviter toutes formes de tentations, qui pourraient l’éloigner de son amour et lui permettre de vivre les sacrements.

Le Pape François nous dit : « L’appel du Seigneur n’a pas l’évidence de l’une des nombreuses choses que nous pouvons sentir, voir ou toucher dans notre expérience quotidienne. Dieu vient de manière silencieuse et discrète, sans s’imposer à notre liberté. Aussi, on peut comprendre que sa voix reste étouffée par les nombreuses préoccupations et sollicitations qui occupent notre esprit et notre cœur. Il convient alors de se préparer à une écoute profonde de sa parole et de la vie, à prêter aussi attention aux détails de notre quotidien, à apprendre à lire les évènements avec les yeux de la foi, et à se maintenir ouvert aux surprises de l’Esprit. »

Mes amis, il me semble que nous sommes nombreux à déplorer le manque de Pasteurs dans nos paroisses, que les rares prêtres sont débordés, qu’ils ont une zone géographique toujours plus étendue etc., mais combien d’entre-nous proposons à nos enfants, petits enfants de réfléchir à la vocation sacerdotale ou autre ? Combien d’entre-nous prions tous les jours le Seigneur pour qu’il nous envoie des bergers, des ouvriers à sa moisson ?
Je me souviens d’une charmante dame qui nous félicitait car notre fille Myriam entrait dans une communauté religieuse où elle a depuis fait ses vœux perpétuels. Je lui demandais : « Et vous, êtes-vous prête à offrir à Dieu un de vos enfants pour la vie religieuse ? » Elle s’en alla sans me répondre.

Jean-Marie Quétier (Diacre)
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