Relais Evangile - Basilique Saint Louis-Marie Grignion de Montfort

Aller au contenu

Relais Evangile

Relais d’Évangile ‐ 1er dimanche de Carême B
21 février 2021
(Gn 9, 8-15 ; 1 P 3, 18-22 ; Mc 1, 12-15)

C'est un temps parfois bien long que 40 jours ! Souvenons-nous simplement de ces temps précis et symboliques que nous avons connu. Je veux parler de ce confinement des mois passés de 2020. Ce temps d’épreuve a été considéré alors comme la valeur protectrice pour tous.

Mais reconnaissons en ce premier dimanche de carême que la mise en quarantaine vient de loin. Jésus au désert, venu sur notre terre dialoguer avec notre humanité, a voulu épouser notre histoire. Cette histoire nous est retracée dès la première lecture : c’est l'épisode de Noé qui affronte quarante jours les eaux mortelles du déluge avant de voir l'arc en ciel de l'alliance.

Il y a aussi le prophète Elie qui a marché 40 jours dans le désert au point de souhaiter même mourir en marchant vers la montagne de Dieu, l'Horeb. Il y a aussi les hébreux qui ont vécu 40 ans à travers le désert avant de voir la Terre Promise. Pour tout un peuple, 40 ans : c’est le temps d'une vie, c’est le temps "du renouvellement des générations".

Ainsi, pour nous, aujourd'hui commence le temps du carême de 40 jours. Est-ce que cela sera suffisant pour nous apprendre dans l'expérience à passer de la désespérance en la confiance en la vie ? Est-ce que ce temps sera pour nous une marche de la servitude vers la liberté ? Saint Marc écrit : « Jésus venait d'être baptisé, aussitôt l'Esprit le pousse au désert ». Ce temps de 40 jours durant lequel le Christ va vivre la spiritualité du désert va devenir pour nous un temps privilégié de nous désencombrer, de nous dépouiller pour redécouvrir un Dieu aimant qui ne fait jamais défaut. Jésus n'a pas voulu être un messie séducteur et dominateur. Sa seule puissance est celle de l'Amour qu'il a vécu en serviteur. Ainsi le Christ commence sa vie de mission après avoir remporté la victoire face aux tentations. Au désert, il a connu ce que les hébreux ont connu, ce que nous vivons tous nous aussi.

  • Il s'agit des tentations qui nous guettent : celle de l'abondance, ce mirage de nous suffire à nous-mêmes à travers la satisfaction matérielle : "que ces pierres deviennent du pain".
  • celle du paraître, ce mirage de l'orgueil : "fais des prodiges".
  • celle de la puissance, ce mirage de la domination, de la possession : "je te donnerai tout, si tu m'adores".

En face de ces tentations, Jésus est demeuré fidèle, confiant à son Père. En ce dimanche, il vient nous dire : « Convertissez-vous ». Il veut nous rappeler que nous sommes invités à lutter contre le mal comme lui a su le faire au désert. Mais aussi, il nous demande de croire : « à la Bonne Nouvelle » en nous invitant à redécouvrir la proximité d'un Dieu qui nous aime. C'est important, car nous avons parfois l'impression que Dieu reste impuissant face au mal, à la souffrance et à la mort. Dieu ne nous abandonne jamais même si nous lui en faisons le reproche.

Aujourd’hui, un temps nouveau s’ouvre pour nous qui nous révèle la possibilité d’un véritable dialogue avec Dieu, dans la vérité. Ce lien d’amour avec Dieu-Père va nous redonner notre liberté pour nous préparer à vivre la grande fête de Pâques dans la confiance et la solidarité avec tous nos proches.

P. Pierre Bonhommeau, smm
Retourner au contenu