21 février 2021 - Premier dimanche du Carême 2021 - Basilique Saint Louis-Marie Grignion de Montfort

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21 février 2021 - Premier dimanche du Carême 2021

Premier dimanche du Carême 2021
21 février 2021, vidéo YouTube

D’aucuns penseraient que le carême serait un temps de tristesse, du deuil, allant de la finitude à la culpabilité. L’accent serait mis sur les efforts de l’homme en vue de  gagner le ciel. Les textes de ce dimanche vont plutôt dans le sens contraire. Vivre le carême c’est reconnaître les efforts que Dieu a fournis pour sauver l’homme. Ce n’est pas d’abord la montée de l’homme vers Dieu, mais sa descente vers l’homme.

Déjà dans la première lecture, la fin du Déluge est marquée par le serment irrévocable de l’alliance de Dieu avec son peuple. Dieu jure sur honneur de ne plus jamais détruire l’humanité. L’arc-en-ciel nous rappelle le « ne plus jamais » prononcé par Dieu. La deuxième lecture aborde dans le même sens : « Pour notre salut, afin de nous introduire devant Dieu, le Christ a souffert une fois pour toutes ». Cette expression « une fois pour toutes » devient notre motif d’espérance.

Dans l’Évangile, Saint Marc a pris le soin de nous donner des précisions géographiques : la prédication se passe en Galilée. Parler de la Galilée au commencement de l’Évangile n’est pas un détail anodin. Galilée  vient de GALIL, une racine hébraïque qui se traduit par rouler. Ça rappelle le cercle des pierres de la ville de Gilgal pendant les conquêtes de Josué (Jos 4, 19-20).

Galilée nous renvoie à la résurrection du Christ. De même que Jacob avait roulé la pierre du puits (Gn 29,2), Jésus aussi a roulé tout seul la pierre tombale. D’où l’étonnement des femmes : « qui roulera la pierre ? » (Mc 16,3-4). C’est au tombeau que le rendez-vous est donné aux apôtres : « allez dire à ses disciples : "Il est ressuscité d’entre les morts, et voici qu’il vous précède en Galilée ; là, vous le verrez" » (Mt 28,7). Ce qui se passe en Galilée est l’anticipation de ce qui  prendra place à Jérusalem. Nous sommes des chrétiens de la pierre-roulée.  Commencer le carême, c’est croire que nous sommes déjà arrivés avant de partir. Dans la foi, le chemin de la croix commence par la foi en la résurrection et se termine par la résurrection.

« Le temps est accompli et le règne de Dieu est proche ». Pour dire le temps est accompli, Jésus n’utilise pas le terme chronos qui englobe la durée de la journée, ou de l’année, mais il choisit à dessein, le terme kairos qui veut dire moment favorable de l’intervention de Dieu. Le carême devient le moment  favorable où Dieu intervient dans notre histoire pour nous sauver.

« Convertissez-vous et croyez à l’Évangile ». Si la prédication de Jean le Baptiste était centrée sur la conversion, invitant les gens à résister à la tentation et à rompre avec une vie de péché, la prédication de Jésus sera basée sur la foi à l’Évangile. La conversion dont il est question ici consiste à croire à la bonne nouvelle du salut offert par le Christ. Cette bonne nouvelle n’est pas seulement pour l’homme, mais aussi pour toute la création. L’homme est appelé à apporter la bonne nouvelle à la création en la soignant. Le mot nature (phusis en grec, du verbe phuein) implique déjà l’idée de prendre soin et de protéger. Croire à l’Évangile implique une conversion écologique.

Entrer en carême, c’est aller au désert. Nous sortons du désert aride pour entrer dans le désert écologique. Il ne s’agit plus d’aller lutter contre les tentations au désert, mais plutôt aller au désert pour écouter la bonne nouvelle de la victoire de Jésus sur les tentations et accueillir cette nouvelle comme un don du salut. Sa victoire est déjà nôtre. Le terme désert (midbar en hébreu) est le lieu de l’écoute de la parole de Dieu.  

En ce premier dimanche, écoutons de nouveau le serment  irrévocable de Dieu, accueillons-le une fois pour toutes du Christ, et remercions-le de nous faire passer du chronos au kairos. Bon dimanche à tous !

P. Jean-Baptiste BONDELE, SMM

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